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J’aurais tout aussi bien dire “juste un doigt” mais c’était peut être un peu trop connoté…  Rien qu’une larme donc, une larme de paradoxes pour être plus précise.

Larme

Cioran disait très justement (enfin, je trouve) : “on n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.”

C’est à peu près ce que je ressens et plus particulièrement en ce moment, à propos de ce blog. Je ne l’ai pas ouvert parce que j’avais quelque chose à dire… Je n’ai d’ailleurs toujours rien à dire et c’est bien ça le problème. Qu’est ce que j’écris si je n’ai rien à dire ?

Si encore j’avais pris le parti d’écrire un blog hyper spécialisé, dans un domaine très pointu comme… comme quoi d’ailleurs ? La reproduction des récurvirostridés ? Non, un sujet plus porteur… ben la mode, tiens par exemple. C’est fou le nombre de blogueuses de mode qu’on peut trouver sur la Toile. Une nouvelle fringue, une nouvelle paire de chaussures et ça y est, il y a matière à poster. Oui… mais… non, on est bien d’accord…

Si j’en crois la dernière enquête sur la blogosphère en France, les thèmes les plus abordés dans les blogs sont le Web et le Web 2.0. C’est large, complexe, couru et puis il y a tellement de gens très bien qui parlent de ça tellement mieux que moi que je vais laisser les spécialistes s’occuper de tout ça.

Finalement, elle a bien raison Danah Boyd quand elle dit que les internautes “se font exister par l’écriture”

Et si je vous racontais mes vacances ? C’est bien ça les vacances, non ?

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J’admets, le titre peut paraître un peu pompeux, voire prétentieux ou même carrément universitaire… (toi qui pensais trouver ici un billet de haute volée intellectuelle, je crois que tu peux passer ton chemin mais tu auras au moins fait grimper mes stats… “tout est dans le titre chérie” enfin, ça c’est ce que m’a dit… mais qui m’a dit ça déjà ?).

Mais bon, en même temps, c’est une question que je me suis posée et que je me pose toujours, finalement. Encore une fois, il s’agit ici d’une réflexion toute personnelle d’utilisatrice lambda d’Internet qui s’interroge sur l’influence des réseaux sociaux dans nos rapports à l’autre.

Oeil

Nous vivons constamment à l’interface d’une existence dite “numérique” et d’une existence dite “réelle” (le terme réel ne me paraît pas forcément le plus approprié parce que, pour moi, ce que nous faisons sur le net est tout aussi réel que le reste…).

En quoi cette situation modifie nos rapports à l’autre ? Dans la mesure où nous devons composer non plus simplement avec l’autre mais aussi avec son “autre numérique”, on n’est plus dans une relation binaire (enfin, binaire, c’est vite dit…) de l’autre à soi mais dans une relation qui comporte – au moins – quatre dimensions, chacun portant son “autre numérique”.  Un “autre numérique” qui est bien sûr, avant tout une émanation de soi. Mais une émanation choisie, pensée, maîtrisée (à quel point ?), ne laissant voir que ce que l’on veut bien laisser voir. (Pas plus tard qu’hier, j’ai d’ailleurs pu assister à une illustration de ce type de relation à quatre dimensions : dans un espace public numérique, deux adolescentes, branchées sur Internet, à côté l’une de l’autre entretenaient entre elles à la fois une conversation “en direct” (réelle ?) et une conversation via la messagerie instantanée. Evidemment le contenu des deux discussions étaient différents, elles conversaient sur deux champs à la fois, tout en ayant bien conscience qu’il leur aurait été impossible de les mélanger).

Jusque là tout va bien. Mais que se passe-t-il quand les relations ne s’effectuent plus sur le même champ, quand on ne distingue plus les deux aspects ? Pour moi, l’illusion d’omniscience, c’est quand on commence à considérer que connaissant l'”autre numérique” via toutes les traces et indices qu’il sème sur les réseaux sociaux, on sait tout de l’autre dans sa totalité. En projetant l'”autre numérique” sur l’autre, nous oublions qu’ils correspondent tous deux à des identités différentes. Et que l’autre ne saurait se réduire à l'”autre numérique”…

En bref, si vous attendez une réponse à une magnifique déclaration d’amour envoyée par mail ce matin et que votre (futur ?) amoureux ne répond pas alors qu’il tweete jusqu’au contenu de son assiette, ça ne veut pas forcément dire qu’il ne vous aime pas…ça signifie peut être simplement que vous avez touché l’autre…

… et qu’est ce qui se passe en cas d’orage ?

Est ce que ma vie numérisée va tomber en fines gouttes ou en pluie forte et diluvienne ? Est ce que je vais voir toutes ces années ruisseler, se répandre, me submerger et me noyer ? Ou est-ce que par fortes chaleurs elles vont s’évaporer ? Que je ne pourrais rien faire pour les rattraper ?

Cloud

Nous accordons une place si importante à tout ce qui nous caractérise que la moindre parcelle de notre vie est photographiée, numérisée, facebookée, tweetée au point d’en inspirer des projets dignes de romans de science-fiction. Cette hypothétique volonté de maîtriser notre existence en en (re)dessinant les contours n’est-elle pas en contradiction avec le fait de les stocker là où justement, nous ne contrôlons rien (ou pas grand chose…) ?

Nous confions ainsi une bonne partie de notre existence numérique à des services dont nous ne savons finalement que très peu de choses concernant la politique de confidentialité des données (qui prend vraiment le temps de lire toutes les petites lignes indigestes à l’inscription ? pas moi ça c’est sûr…), à des serveurs que nous ne sommes absolument pas en mesure de localiser ou d’identifier, et bien souvent avec des clés d’entrée faciles à déchiffrer (qui peut se targuer d’avoir un mot de passe infaillible ???)

C’est tout le paradoxe de notre comportement sur Internet, nous naviguons entre maîtrise et dépassement, entre suspicion de tout et confiance absolue en l’inconnu. Sans doute d’ailleurs que l’un ne va pas sans l’autre et que c’est la présence de l’un qui conditionne celle de l’autre…(pensons complexe…)

Quoi qu’il en soit, même si mes données sont dans le nuage, je garde à l’esprit que ma vie n’est pas qu’une succession d’informations que je pourrais classer, étiqueter, ranger et épousseter de temps en temps… pour que la technologie reste un moyen et non une fin.

On partage, on échange, on (inter)agit, on (co)-crée, on (s)’implique, on produit, on participe… Le Web 2.0 nous a ouvert des possibilités exceptionnelles d’une facilité d’approche et d’utilisation incroyable. Cette (r)évolution a sans aucun doute joué un rôle important dans sa démocratisation.

Oui, bon d’accord, ce n’est pas nouveau et tout le monde le sait (d’ailleurs c’est même devenu un peu ringard de parler de Web 2.0…). Et puis après tout, ce ne sont pas tant toutes ces belles pratiques qui m’intéressent. Ce qui me titille et m’interpelle, ce sont davantage les modifications dans le rapport à soi (et aux autres évidemment) qui sont apparues en parallèle. On déballe, on (s’) expose, on (s’) exhibe, on (dé)montre…

Deballage_2

Les limites entre ce qui relevait du domaine public et de la vie privée se sont transformées et sont en constant bouleversement. On assiste à des dérapages, plus ou moins médiatisés, et je m’étonne quotidiennement de pouvoir connaître les détails (choisis ?) de la vie privée des personnes que je suis à titre professionnel sur les réseaux sociaux. Sans doute que je n’échappe pas à cette tendance, mon profil Twitter en dit certainement long sur ma personnalité. Les tweets, nouvel outil pour dresser des portraits-robots ? Pourquoi pas…

Comment en est-on parvenu à ce déballage d’informations privées sur Internet et surtout, qu’est ce qui nous pousse à nous exposer à ce point ? N’étant ni sociologue, ni philosophe, je ne me lancerai pas dans des hypothèses hasardeuses, d’autant que des choses très intelligentes ont déjà été dites à ce sujet. C’est juste de mon sentiment d’utilisatrice dont il s’agit ici.

Au delà de l’aspect pratique et utilitaire indiscutable, je me demande si ma présence sur Twitter, le fait que j’ouvre ce blog (même si ça s’est fait un peu par hasard et beaucoup par auto-dérision en fait…) n’a pas quelque chose à voir avec le sentiment d’appartenance. Cette situation me fait en effet penser à la vision de Baudrillard sur la question de la société de consommation et l’objet. Ainsi, pour lui, un “objet excède toujours sa fonctionnalité : un vêtement, même dans les tribus les plus primitives, ne sert pas uniquement à se vêtir, mais revêt des fonctions à la fois esthétiques, culturelles et de prestige.” Et si, notre présence (parfois débridée) sur Internet était du même ordre ? Et si, par la création d’un compte Twitter, par l’ouverture d’un blog, je manifestais ma volonté d’appartenir et d’exister aux yeux d’une communauté ? La question reste ouverte et je crois qu’il est toujours préférable de s’interroger que de trouver des réponses…

Quoi qu’il en soit on pourra aussi se pencher un peu plus sur la pensée de Baudrillard (ce que je vais m’empresser de faire…) pour apporter un éclairage intéressant sur tout ça. Je suis en effet intriguée par sa définition du simulacre en tant que “copie à l’identique d’un original n’ayant jamais existé” et par ce que j’en ai lu dans le dossier qui lui était consacré et que je vous livre tel quel : “C’est le monde qui, devenu un immense artefact technologique, annule toutes distinction entre réalité et imaginaire. Toutes les potentialités adviennent, tous les fantasmes se matérialisent (…). Le Simulacre est vrai : il tient lieu du réel, il est (le) reél”.

Je terminerai donc sur deux questions que je me pose dans toute ma naïveté de non philosophe :

Internet est-il un simulacre de la vie au sens de Baudrillard (en tout cas de celui que j’ai cru saisir…) ?

S’agit-il alors d’un espace de libération ou d’aliénation de soi ?

A méditer…(ou pas…)

Pour avoir un aperçu de la pensée de Baudrillard, lisez l’excellent dossier du n°42 de septembre 2010 de Philosphie Magazine.

J’étais persuadée que ça ne pouvait pas m’arriver. Pas à moi. Et puis, insidieusement, subrepticement, sans que je m’en rende réellement compte, c’est arrivé. Si j’essaie de me souvenir de quand ça a vraiment commencé, c’est d’abord au métro que je pense.

Je les trouvais tous tellement beaux. Fins, élégants, performants, étonnants, surprenants. Et puis ça a continué dans le train. Je l’ai regardé, je l’ai trouvé banal, un peu bancal, presque lourdaud. Et puis il m’agaçait terriblement. Jamais là quand on avait besoin de lui, toujours une excuse valable en plus… Alors, j’ai craqué. Pleine de culpabilité, j’y suis allée. A la fois exaltée et terrifiée, remplie de doutes : “et si jamais je me trompais ?”.

Finalement, ce fut facile. Un RIB, une carte bancaire, ça suffisait. C’est à partir de ce moment là que ça s’est emballé. Je pouvais être partout à la fois, multiplier les identités, laisser parler toutes les facettes de ma personnalité. Le temps me manquait alors j’en grignotais… sur le reste. Plus j’y allais et plus j’aimais. Plus j’y étais et plus je découvrais. J’avais mis le doigt dans l’engrenage. J’en oubliais la télévision, j’en perdais le goût des livres, j’avais des gazouillis plein la tête. Je ne pensais qu’à ça. Mes nuits devenaient de plus en plus courtes à force d’y passer de plus en plus de temps. Non pas que ce temps fut infécond au contraire, c’était grisant, je pouvais explorer, apprendre, imaginer, créer, produire sans aucun complexe. Une sensation de toute puissance se mêlait à celle de dépassement total. Je ne maîtrisais plus rien mais j’en avais de plus en plus besoin.

Il y a eu quelques tentatives de sevrage. Je tenais quelques heures, un jour tout au plus et puis j’y retournais. J’étais en manque, obsédée par l’idée d’y revenir, minée par la pensée d’être oubliée et de passer de l’autre côté. C’est quand j’ai pris conscience que ma journée s’organisait autour que je m’en suis réellement rendue compte… J’étais devenue accro…

Ah oui, j’aurais peut être dû commencer par le commencement :

“- Bonjour, je m’appelle xxxx et je crois que ça a vraiment débuté quand je l’ai rencontré. Oui, c’est ça, mon smartphone m’a rendu Web-addict…

– Bonjour xxxx……”

Bon, en réalité on n’en est pas encore là (quoi que…) mais je me demande si le phénomène de cyberdépendance, cyberaddiction, ou Internetaddiction prend de l’ampleur avec la multiplication des outils qui facilitent l’accès à tout partout. Et, quid des réseaux sociaux sur lesquels, les informations passent si vite qu’il faudrait être connecté constamment pour ne pas en perdre une miette et se sentir largué ?

Retweetez-moi aurait répondu Michèle Morgan

Se faire retweeter, c’est bien ça la clé du problème pour grand nombre de “twitter addict”, les tweets, les retweets, les tweets au cube ou à la puissance dix. Parfois je me dis que Twitter, c’est comme les séries américaines des années 90.

Twitter

Ou comme la cour de récré du lycée. Il y a la chef des Pom Pom Girls et puis la (ou le, c’est selon) moche à lunettes dont tout le monde se fout. Il y a l’équipe de football composée de ceux dont les tweets se retrouvent régulièrement dans les “Tops tweets” et dont on se dit “Wahou, mais ils sont trop top géniaux démentiels ces types !” et puis il y a le club d’échecs, les ringards du tweet, les transparents du réseau social. Les losers, ceux qui ont moins de 60 abonnés (oups, pardon followers), ceux qui n’ont jamais été retweeté (ah si, sauf une fois mais par tata Jacqueline alors ça ne compte pas vraiment), ceux qui s’évertuent à étudier tous les tutoriels, guides et infographies possibles et imaginables pour tenter de faire leur trou dans l’univers impitoyable de Twitter.

On en revient donc à cette belle notion de popularité. Définie par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales comme : le crédit dont dispose auprès du peuple, du plus grand nombre, une personne connue et appréciée par lui”, je me demande vraiment comment elle s’acquiert cette sacro-sainte popularité.

Sur Twitter on ne peut même plus compter sur son physique, alors, à quoi ça tient cette histoire ? Si on reprend la définition de la popularité, on peut dégager plusieurs hypothèses. Soit on a du “crédit“, c’est à dire qu’il faut déjà être quelqu’un (sur la Toile ou ailleurs), par exemple être une célébrité du style Justin Bieber et ses 8 623 375 abonnés. Bon ben là, pour nous je crois que c’est mort… Etudions les autres possibilités, il suffirait peut être d’être “connue et appréciée“. Ok, alors comment on fait ? On fait de l’esprit tiens ! On fait de l’humour en 140 caractères ou alors on parle de cul (enfin, ça, c’est pas moi qui le dis…), mieux on parle de cul avec humour !

Le plus débilitant dans l’histoire c’est que certains surfent sur ce besoin irrépréssible d’être populaire (pour se sentir exister ou pour faire exister quelque chose) et proposent aux profils désespérés (dont le mien à priori…) des méthodes soit disant génialissimes (ou pas du tout d’ailleurs…), enfin dont on ne sait pas vraiment à quoi elles servent (en tous cas pour une nunuche comme moi c’est pas bien clair), à part peut être à se donner l’illusion d’être quelqu’un grâce à l’acquisition d’un nombre extravagant de followers. A croire que mon compte Twitter, avec mes 12 abonnés (dont 3 actrices porno, 1 joueur d’échecs russe, tata Jacqueline, mes collègues de bureau et un ex dépressif) est un appel aux as du marketing et pourtant moi, je n’ai rien à vendre… Même pas mon âme.

Aujourd’hui, il paraît qu’être écolo, c’est sexy.  Finie l’image de l’écolo baba (et barbu !) qui élève des chèvres dans le Larzac, se mobilise contre le nucléaire et contre la société toute entière d’ailleurs…

Il fut pourtant un temps (pas si éloigné que ça) où on osait à peine affirmer ses convictions, où du bout des lèvres, nous essayions d’expliquer qu’être écolo c’était un peu plus compliqué que ça.  Ce temps où à peine avions-nous prononcé LE mot, que déjà, ça ricanait “eh, l’écolo, et tu l’as rangé où ta charrette ?” ou “attention, t’es en train de mettre dangereusement en péril la biodiversité, t’as marché sur une fourmi…“. Oui, être écolo il y a quelques années encore, ce n’était pas forcément une partie de plaisir et surtout ça n’était pas vraiment  – même pas du tout en fait – “in”.

Mais aujourd’hui, aaahhh aujourd’hui, c’est différent ! Parce que depuis, il y a eu l’inscription de la Charte de l’environnement dans le préambule de la constitution en 2005 grâce à tonton Chirac, le Grenelle de l’Environnement (hautement symbolique ce Grenelle tout de même par rapport à toute cette génération de 68 et au mouvement hippie…), une prise de conscience collective que la planète était précieuse (euh non, là je plaisante évidemment), que chacun devait y mettre un peu du sien parce qu’à ce rythme là, l’humanité ne ferait pas long feu. Il y a eu les chiffres forts : 9 milliards d’habitants sur terre en 2050, la popularisation du concept d’empreinte écologique qui nous rappelle que nous n’aurons pas assez d’une seule planète si nous continuons à nous développer à ce rythme là (même si on se rassure toujours en se disant qu’on est moins pire que les américains…).

Non, en fait je crois que ce qui a surtout fait évoluer les choses c’est… que les industriels se soient emparés du concept (ben oui, je crois que pour eux, ça n’est qu’un concept, mais je ne demande qu’à être démentie). Finalement rien (ou pas grand chose) n’a changé, le nerf de la guerre c’est bien toujours l’argent et le profit. Tiens et il n’y aurait pas aussi la question des crédits d’impôts “développement durable” qui apporterait un peu d’eau à mon moulin ? Exploiter le filon vert, c’est facile, ça donne bonne conscience et ça peut rapporter gros !  Le bio fleurit, les grandes enseignes s’y mettent, la taille des rayons estampillés “bio” croît de façon exponentielle et les labels se multiplient de façon plus ou moins heureuse. Notre fibre éco-citoyenne se réveille, la preuve, les résultats électoraux des partis écologistes n’ont jamais été aussi bons que ces dernières années…

Alors, bonne nouvelle ou coup de génie marketing qui nous greenwashe jusqu’à nos cerveaux ? Peut-on se dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Que la société est en train de changer ?

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’en suis pas intimement persuadée. Peut être parce que pour moi, le chemin est (au moins) aussi important que la destination…

En bonus, si après ce billet vous ne savez toujours pas répondre à la question qui en est l’origine, vous pourrez toujours perdre votre temps à faire ce test, vous savez, le genre de test dont seule la presse féminine a le secret…

Au départ, je voulais intituler ce billet “Pourquoi je n’aime pas Facebook…”. Ben oui, je n’aime pas Facebook et pourtant… je l’utilise.

Chaperon

Peu certes, mais bien assez pour qu’une petite voix lancinante dans ma tête me rappelle que je suis pleine de contradictions. Comme beaucoup, certainement et c’est peut être même le propre de l’homme. Mais ça, c’est une autre histoire…

Très bien me direz-vous alors : “Pour te débarrasser de ces contradictions, largue Facebook, ne l’utilise plus, qu’est ce qui t’en empêche réelllement ?” (ce que, soit dit en passant, j’ai fait à titre personnel depuis un bon moment déjà…).

Mais c’est là que le bât blesse et que le Petit Chaperon TIC que je suis se trouve contraint (à l’insu de son plein gré ?) de prendre le mauvais chemin… Oui oui, celui qui passe par la forêt, celui imposé par la place qu’a pris Facebook sur la Toile et ailleurs et qu’en tant que professionnelle je ne peux ignorer. Et là, je me dis qu’il est bon de relire un peu La Boétie et son discours de la servitude volontaire (ou plus simplement de se remémorer cette phrase de Coluche : “quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent pas pour que ça ne se vende plus !”) pour se rappeler qu’une chose n’a de puissance que celle qu’on lui donne.

Après tout, l’omniprésence de Facebook ne me poserait pas tant de problèmes si ses valeurs étaient en accord avec les miennes et avec la vision que j’ai de la société dans laquelle je veux vivre. En somme, qu’est ce que je lui reproche à Facebook ? D’être le reflet de la société actuelle ? Celle où malgré toutes les bonnes intentions affichées, nous sommes toujours aussi dépendants de nos actes de consommation, abreuvés de publicité et de la nécessaire accession à un bonheur codifié, quitte à frôler la dépression devant notre incapacité à l’atteindre. En fait, je trouve très étonnant que prônant tous la liberté, nous nous plions volontairement à la politique de collecte de données et d’appropriation de contenus de Facebook. A moins que la contrainte ne soit sociétale. Facebook est l’endroit où il faut être pour être. Evidemment, il ne faudrait pas jeter bébé avec l’eau du bain, Facebook, tout comme le loup de l’histoire, a sans doute de bons côtés… Bon, dès que j’ai trouvé, j’en fais un billet…

Et en attendant, je peux continuer à me dire que pour pouvoir résister à une chose, il est bon de ne pas l’ignorer. Connaître et utiliser Facebook en gardant mes convictions, c’est peut être simplement le faire avec parcimonie, regard critique et dans les limites de la posologie autorisée par ma Mère-Grand de conscience… En bref, passer par la forêt, ne pas trop s’y attarder et surtout rester vigilante.. et éviter les raccourcis !

Au fond, je me demande, si, comme dans l’histoire, c’est le Petit Chaperon qui en sortira indemne et grandit (après s’être tout de même fait une belle frayeur en se faisant dévorer par le grand méchant loup, ne l’oublions pas) ou si nous deviendrons tous des loups…(j’admets, c’est un peu manichéen et il existe certainement quelque chose entre les deux… suffit de le trouver)

Poisson_copie

Version moderne du joli petit poisson papier, dessiné, colorié, découpé et bout-de-scotché dans le dos des copains à la récré et des passants à l’arrêt de bus…