Aujourd’hui, il paraît qu’être écolo, c’est sexy.  Finie l’image de l’écolo baba (et barbu !) qui élève des chèvres dans le Larzac, se mobilise contre le nucléaire et contre la société toute entière d’ailleurs…

Il fut pourtant un temps (pas si éloigné que ça) où on osait à peine affirmer ses convictions, où du bout des lèvres, nous essayions d’expliquer qu’être écolo c’était un peu plus compliqué que ça.  Ce temps où à peine avions-nous prononcé LE mot, que déjà, ça ricanait “eh, l’écolo, et tu l’as rangé où ta charrette ?” ou “attention, t’es en train de mettre dangereusement en péril la biodiversité, t’as marché sur une fourmi…“. Oui, être écolo il y a quelques années encore, ce n’était pas forcément une partie de plaisir et surtout ça n’était pas vraiment  – même pas du tout en fait – “in”.

Mais aujourd’hui, aaahhh aujourd’hui, c’est différent ! Parce que depuis, il y a eu l’inscription de la Charte de l’environnement dans le préambule de la constitution en 2005 grâce à tonton Chirac, le Grenelle de l’Environnement (hautement symbolique ce Grenelle tout de même par rapport à toute cette génération de 68 et au mouvement hippie…), une prise de conscience collective que la planète était précieuse (euh non, là je plaisante évidemment), que chacun devait y mettre un peu du sien parce qu’à ce rythme là, l’humanité ne ferait pas long feu. Il y a eu les chiffres forts : 9 milliards d’habitants sur terre en 2050, la popularisation du concept d’empreinte écologique qui nous rappelle que nous n’aurons pas assez d’une seule planète si nous continuons à nous développer à ce rythme là (même si on se rassure toujours en se disant qu’on est moins pire que les américains…).

Non, en fait je crois que ce qui a surtout fait évoluer les choses c’est… que les industriels se soient emparés du concept (ben oui, je crois que pour eux, ça n’est qu’un concept, mais je ne demande qu’à être démentie). Finalement rien (ou pas grand chose) n’a changé, le nerf de la guerre c’est bien toujours l’argent et le profit. Tiens et il n’y aurait pas aussi la question des crédits d’impôts “développement durable” qui apporterait un peu d’eau à mon moulin ? Exploiter le filon vert, c’est facile, ça donne bonne conscience et ça peut rapporter gros !  Le bio fleurit, les grandes enseignes s’y mettent, la taille des rayons estampillés “bio” croît de façon exponentielle et les labels se multiplient de façon plus ou moins heureuse. Notre fibre éco-citoyenne se réveille, la preuve, les résultats électoraux des partis écologistes n’ont jamais été aussi bons que ces dernières années…

Alors, bonne nouvelle ou coup de génie marketing qui nous greenwashe jusqu’à nos cerveaux ? Peut-on se dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Que la société est en train de changer ?

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’en suis pas intimement persuadée. Peut être parce que pour moi, le chemin est (au moins) aussi important que la destination…

En bonus, si après ce billet vous ne savez toujours pas répondre à la question qui en est l’origine, vous pourrez toujours perdre votre temps à faire ce test, vous savez, le genre de test dont seule la presse féminine a le secret…

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