On partage, on échange, on (inter)agit, on (co)-crée, on (s)’implique, on produit, on participe… Le Web 2.0 nous a ouvert des possibilités exceptionnelles d’une facilité d’approche et d’utilisation incroyable. Cette (r)évolution a sans aucun doute joué un rôle important dans sa démocratisation.

Oui, bon d’accord, ce n’est pas nouveau et tout le monde le sait (d’ailleurs c’est même devenu un peu ringard de parler de Web 2.0…). Et puis après tout, ce ne sont pas tant toutes ces belles pratiques qui m’intéressent. Ce qui me titille et m’interpelle, ce sont davantage les modifications dans le rapport à soi (et aux autres évidemment) qui sont apparues en parallèle. On déballe, on (s’) expose, on (s’) exhibe, on (dé)montre…

Deballage_2

Les limites entre ce qui relevait du domaine public et de la vie privée se sont transformées et sont en constant bouleversement. On assiste à des dérapages, plus ou moins médiatisés, et je m’étonne quotidiennement de pouvoir connaître les détails (choisis ?) de la vie privée des personnes que je suis à titre professionnel sur les réseaux sociaux. Sans doute que je n’échappe pas à cette tendance, mon profil Twitter en dit certainement long sur ma personnalité. Les tweets, nouvel outil pour dresser des portraits-robots ? Pourquoi pas…

Comment en est-on parvenu à ce déballage d’informations privées sur Internet et surtout, qu’est ce qui nous pousse à nous exposer à ce point ? N’étant ni sociologue, ni philosophe, je ne me lancerai pas dans des hypothèses hasardeuses, d’autant que des choses très intelligentes ont déjà été dites à ce sujet. C’est juste de mon sentiment d’utilisatrice dont il s’agit ici.

Au delà de l’aspect pratique et utilitaire indiscutable, je me demande si ma présence sur Twitter, le fait que j’ouvre ce blog (même si ça s’est fait un peu par hasard et beaucoup par auto-dérision en fait…) n’a pas quelque chose à voir avec le sentiment d’appartenance. Cette situation me fait en effet penser à la vision de Baudrillard sur la question de la société de consommation et l’objet. Ainsi, pour lui, un “objet excède toujours sa fonctionnalité : un vêtement, même dans les tribus les plus primitives, ne sert pas uniquement à se vêtir, mais revêt des fonctions à la fois esthétiques, culturelles et de prestige.” Et si, notre présence (parfois débridée) sur Internet était du même ordre ? Et si, par la création d’un compte Twitter, par l’ouverture d’un blog, je manifestais ma volonté d’appartenir et d’exister aux yeux d’une communauté ? La question reste ouverte et je crois qu’il est toujours préférable de s’interroger que de trouver des réponses…

Quoi qu’il en soit on pourra aussi se pencher un peu plus sur la pensée de Baudrillard (ce que je vais m’empresser de faire…) pour apporter un éclairage intéressant sur tout ça. Je suis en effet intriguée par sa définition du simulacre en tant que “copie à l’identique d’un original n’ayant jamais existé” et par ce que j’en ai lu dans le dossier qui lui était consacré et que je vous livre tel quel : “C’est le monde qui, devenu un immense artefact technologique, annule toutes distinction entre réalité et imaginaire. Toutes les potentialités adviennent, tous les fantasmes se matérialisent (…). Le Simulacre est vrai : il tient lieu du réel, il est (le) reél”.

Je terminerai donc sur deux questions que je me pose dans toute ma naïveté de non philosophe :

Internet est-il un simulacre de la vie au sens de Baudrillard (en tout cas de celui que j’ai cru saisir…) ?

S’agit-il alors d’un espace de libération ou d’aliénation de soi ?

A méditer…(ou pas…)

Pour avoir un aperçu de la pensée de Baudrillard, lisez l’excellent dossier du n°42 de septembre 2010 de Philosphie Magazine.

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