… et qu’est ce qui se passe en cas d’orage ?

Est ce que ma vie numérisée va tomber en fines gouttes ou en pluie forte et diluvienne ? Est ce que je vais voir toutes ces années ruisseler, se répandre, me submerger et me noyer ? Ou est-ce que par fortes chaleurs elles vont s’évaporer ? Que je ne pourrais rien faire pour les rattraper ?

Cloud

Nous accordons une place si importante à tout ce qui nous caractérise que la moindre parcelle de notre vie est photographiée, numérisée, facebookée, tweetée au point d’en inspirer des projets dignes de romans de science-fiction. Cette hypothétique volonté de maîtriser notre existence en en (re)dessinant les contours n’est-elle pas en contradiction avec le fait de les stocker là où justement, nous ne contrôlons rien (ou pas grand chose…) ?

Nous confions ainsi une bonne partie de notre existence numérique à des services dont nous ne savons finalement que très peu de choses concernant la politique de confidentialité des données (qui prend vraiment le temps de lire toutes les petites lignes indigestes à l’inscription ? pas moi ça c’est sûr…), à des serveurs que nous ne sommes absolument pas en mesure de localiser ou d’identifier, et bien souvent avec des clés d’entrée faciles à déchiffrer (qui peut se targuer d’avoir un mot de passe infaillible ???)

C’est tout le paradoxe de notre comportement sur Internet, nous naviguons entre maîtrise et dépassement, entre suspicion de tout et confiance absolue en l’inconnu. Sans doute d’ailleurs que l’un ne va pas sans l’autre et que c’est la présence de l’un qui conditionne celle de l’autre…(pensons complexe…)

Quoi qu’il en soit, même si mes données sont dans le nuage, je garde à l’esprit que ma vie n’est pas qu’une succession d’informations que je pourrais classer, étiqueter, ranger et épousseter de temps en temps… pour que la technologie reste un moyen et non une fin.

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