J’admets, le titre peut paraître un peu pompeux, voire prétentieux ou même carrément universitaire… (toi qui pensais trouver ici un billet de haute volée intellectuelle, je crois que tu peux passer ton chemin mais tu auras au moins fait grimper mes stats… “tout est dans le titre chérie” enfin, ça c’est ce que m’a dit… mais qui m’a dit ça déjà ?).

Mais bon, en même temps, c’est une question que je me suis posée et que je me pose toujours, finalement. Encore une fois, il s’agit ici d’une réflexion toute personnelle d’utilisatrice lambda d’Internet qui s’interroge sur l’influence des réseaux sociaux dans nos rapports à l’autre.

Oeil

Nous vivons constamment à l’interface d’une existence dite “numérique” et d’une existence dite “réelle” (le terme réel ne me paraît pas forcément le plus approprié parce que, pour moi, ce que nous faisons sur le net est tout aussi réel que le reste…).

En quoi cette situation modifie nos rapports à l’autre ? Dans la mesure où nous devons composer non plus simplement avec l’autre mais aussi avec son “autre numérique”, on n’est plus dans une relation binaire (enfin, binaire, c’est vite dit…) de l’autre à soi mais dans une relation qui comporte – au moins – quatre dimensions, chacun portant son “autre numérique”.  Un “autre numérique” qui est bien sûr, avant tout une émanation de soi. Mais une émanation choisie, pensée, maîtrisée (à quel point ?), ne laissant voir que ce que l’on veut bien laisser voir. (Pas plus tard qu’hier, j’ai d’ailleurs pu assister à une illustration de ce type de relation à quatre dimensions : dans un espace public numérique, deux adolescentes, branchées sur Internet, à côté l’une de l’autre entretenaient entre elles à la fois une conversation “en direct” (réelle ?) et une conversation via la messagerie instantanée. Evidemment le contenu des deux discussions étaient différents, elles conversaient sur deux champs à la fois, tout en ayant bien conscience qu’il leur aurait été impossible de les mélanger).

Jusque là tout va bien. Mais que se passe-t-il quand les relations ne s’effectuent plus sur le même champ, quand on ne distingue plus les deux aspects ? Pour moi, l’illusion d’omniscience, c’est quand on commence à considérer que connaissant l'”autre numérique” via toutes les traces et indices qu’il sème sur les réseaux sociaux, on sait tout de l’autre dans sa totalité. En projetant l'”autre numérique” sur l’autre, nous oublions qu’ils correspondent tous deux à des identités différentes. Et que l’autre ne saurait se réduire à l'”autre numérique”…

En bref, si vous attendez une réponse à une magnifique déclaration d’amour envoyée par mail ce matin et que votre (futur ?) amoureux ne répond pas alors qu’il tweete jusqu’au contenu de son assiette, ça ne veut pas forcément dire qu’il ne vous aime pas…ça signifie peut être simplement que vous avez touché l’autre…

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