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Il y a des jours comme ça où je me dis que nous avons développé un étrange rapport au temps.On court après et on ne prend pas vraiment le temps de l’apprécier. On se donne l’impression de pouvoir le remonter en parcourant sa timeline Twitter dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et on se retrouve alors coincé entre le passé et le présent, manquant autant de l’un que de l’autre. On perd le fil et Ariane n’est plus là pour nous guider. On se plaint de ne plus avoir le temps de lire, d’approfondir, d’aller au fond des choses et on se perd à force de trop en faire. On survole les informations qui arrivent à profusion, on engrange, on mélange, on oublie… Prend on encore le temps de s’arrêter et de ne rien faire ?

Ennuiposterous

Pourtant, il paraît que c’est nécessaire, voire même indispensable (enfin, ça c’est le psychiatre Christophe André qui le dit à la page 223 de son livre intitulé “Vivre heureux : psychologie du bonheur”). “Apprendre à ne rien faire ou plutôt à ne pas toujours faire quelque chose…”.

Il me semble que nous sommes absolument à l’opposé de tout ça, stimulés par tellement de choses, d’écrans, de réseaux sociaux… que justement, il nous fait défaut ce fameux temps. On tente tant bien que mal de le dominer, de le contrôler en organisant sa vie à la minute près à grand renfort d’agenda partagé et d’alerte sur son téléphone portable. Edgar Morin (dans “La Voie” p. 36) aspire au “(…) retour au temps long de son rythme intérieur, non hâché et non strictement chronométré (…)”. Mais pourquoi n’y parvenons-nous pas ?

Peut être qu’en se donnant l’illusion de le maîtriser on espère pouvoir en profiter plus et éloigner ce qui nous fait tellement peur mais qui nous attend tous au bout du chemin… Parfois,on fait même comme s’il n’existait pas (“y’a plus d’saison ma bonne dame”, on mange des fraises en hiver et on ne laisse pas le temps aux tomates de mûrir avant d’arriver sur les étalages), espérant éventuellement trouver une fontaine de Jouvence dans ce déni.

Et puis, finalement, entre notre existence “réelle” et notre existence “numérique”, ne tentons nous pas de multiplier le temps par deux ? En vivant les évènements doublement, les vit-on mieux ?

Et l’avenir est-ce vraiment l’immortalité… digitale ? Quel défi lancé au temps…

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Et si Facebook était une source d’inspiration ? Peut être même que quelques uns ont déjà saisi le jeu de mot un peu facile du titre…. Quoiqu’il en soit, il doit l’être un peu pour moi puisque c’est le deuxième billet que j’écris à ce sujet. Peut être est-ce même un aspect positif de Facebook (j’avais d’ailleurs promis d’écrire dès que j’en trouvais un), il conduit à la création…

Il inspire ainsi les agences de com comme celle qui a imaginé la campagne de collecte de don de l’Eglise catholique de Montréal. C’est d’ailleurs assez frappant et improbable de voir ces panneaux géants accrochés sur la façade d’une église. Cette campagne ne laisse pas indifférent et c’est intéressant (pour ne pas dire étonnant…) de voir le rapprochement qui est fait entre l’Eglise et Facebook par le diocèse de Montréal : “Comme Facebook, l’Église c’est avant tout des personnes, des communautés, des interconnections; c’est une question de relations.”

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Mais Facebook n’inspire pas que les professionnels de la communication, j’imagine que vous n’êtes pas passés à côté des curriculum vitae façon Facebook qui font parler d’eux et de leur créateur ou comment produire quelque chose d’original à partir de données existantes, la définition même de la création (enfin, une des définitions).

Je m’incline donc, Facebook inspire, encourage la création. Mais, la question qui subsiste finalement ça ne serait pas plutôt de savoir si sans Facebook il y aurait moins de création ? Et là, je laisse à chacun le soin de répondre à cette vraie fausse interrogation…