Archives for the month of: June, 2011

Cela fait plusieurs fois que je tombe sur des blogs accueillie par un dernier billet mortuaire annonçant la fin du blog en question. Il est alors intéressant de s’attarder sur les raisons qui poussent ces blogueurs à stopper leur activité. Ce n’est évidemment pas en me basant sur trois blogs que je vais extrapoler et tirer des conclusions révolutionnaires, mais quand on y regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que le blog a son revers… son verso, son côté obscur en quelque sorte. Celui qui déçoit, contrarie, fâche ou attriste.

Revers1

Celui qui conduit bien souvent à laisser tomber, celui qui l’emporte sur le plaisir d’écrire et de faire partager. Parce qu’il s’agit bien de cela au départ, de plaisir. Enfin, il me semble… C’est d’ailleurs même souvent plus que du plaisir, presque une thérapie… voire une “blogothérapie” ? C’est en tout cas ce que certaines études ou observations semblent attester. Et c’est assurément un des aspects les plus positifs des blogs, j’écris et par cet acte, je me libère (du moins j’essaie…). Je reçois des commentaires (enfin, si tout se passe bien et que je sors un peu de l’anonymat, que je me distingue de la masse informe de la blogosphère en somme), je partage des expériences qui m’aident à me sentir mieux, mieux avec moi-même, mieux avec les personnes qui me ressemblent… Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes si…

Si, “mon” blog n’était ouvert qu’à des personnes qui me ressemblent justement. Oui mais voilà, ce serait oublier que le web est tout de même le reflet de la “vraie vie” : on y trouve des gens différents, avec des avis variés et contradictoires et on croise autant de personnes intéressantes que de gros crétins personnalités incompatibles avec notre nature. Alors parfois, quand les commentaires dérapent, se font virulents ou simplement à contre-courant, on préfère jeter l’éponge qu’être confronté une fois de plus au conflit. Il y a déjà tellement de heurts dans la “vraie vie” qu’on ne va pas en plus devoir en gérer au sein de notre existence numérique ! Tout de même, Internet est un espace de liberté alors pourquoi devoir s’imposer des contraintes (j’admets que ce raccourci de “liberté” à “absence de contraintes”, est philosophiquement parlant plus que discutable…) ?

Et si justement, il fallait apprendre à les gérer ces contraintes, et s’il fallait simplement agir sur le net comme nous le faisons dans notre existence de tous les jours (c’est une lapallissade, je sais mais en même temps, je crois que parfois nous avons tendance à l’oublier) ? En ce sens, pourquoi bloguer de façon anonyme ? Même si dans certaines situations, on peut comprendre et approuver la nécessité de ne pas pouvoir être identifié, je me dis que si on a besoin de rester anonyme pour donner son opinion, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.

A moins que le fait de cacher ou de changer son identité ne soit une façon de (re)trouver l’inspiration ou de laisser parler cette partie de soi que l’on occulte en société, l’envers de soi que le revers de blog finit (toujours ?) par faire remonter à la surface…

 

 

 

 

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Papillonnage : action de papillonner d’un sujet à un autre, de s’éparpiller; résultat de cette action”.

C’est impressionnant de voir à quel point les papillons peuvent être instables, rapides, hyperactifs. Impossible de les suivre des yeux, ils vont et viennent, s’arrêtent un instant sur une fleur (violette de préférence mais ceci n’est absolument pas une observation scientifique.. quoi que, après vérification peut être bien que si finalement) et repartent aussitôt à la conquête d’un autre nectar. En fait, ce n’est pas réellement de papillons dont je voulais parler mais disons qu’à la faveur d’une balade en campagne, l’observation de leur comportement m’a étrangement rappelé quelque chose…

Papillonnages

Et ce quelque chose c’est nous, enfin notre comportement sur le Net (quand je dis “nous”, c’est moi évidemment mais sans doute que c’est assez symptomatique et représentatif de l’utilisation d’Internet aujourd’hui).

D’ailleurs, il est souvent répété (voire étudié) que notre génération (et la suivante) est une génération de “zappeurs”. Pour moi Twitter en est un exemple flagrant parce que c’est le service que j’utilise le plus souvent (mais j’imagine que Facebook est un peu dans la même veine). On passe ainsi d’un lien à un autre selon les personnes que l’on suit sans forcément de rapport ni de logique. Je me suis aperçue (à mon grand désespoir !) que je passais de moins en moins de temps sur les articles et que j’évitais sérieusement les billets trop longs… J’ai également remarqué (je ne sais pas si ça fait longtemps que ça existe) que désormais, certains quotidiens indiquent le temps de lecture au début de certains articles... Cela me semble révélateur de notre inclination à consommer quantitativement au détriment de la qualité d’analyse.

Ce qui est aussi à rapprocher du comportement papillonnesque, c’est notre tendance à être attiré par les mêmes informations (une espèce de fleur violette en quelque sorte..), celles relayées de façon décalée dans le temps par nos contacts, nos amis, nous ! Ce qui donne parfois lieu à de belles choses, c’est certain mais n’assiste t-on pas à une espèce d’uniformisation de la pensée ? Plus je lis et plus je me dis qu’on finit tous par penser la même chose, cet espèce de sens commun dont pourtant chacun (moi la première..) se défend.

Et, si je comprends que les papillons papillonnent pour se nourrir et finalement parvenir à se reproduire, nos papillonnages virtuels à nous, Homo sapiens (Homme sage…), me laissent perplexe… 

Pas évident de s’y retrouver parfois dans cet entremêlement de messages écrits. Et, même si l’image occupe une place de choix sur les réseaux, l’écrit reste largement utilisé. Notre canal de communication demeure dominé par les mots. Que ce soit par mail, sur Twitter ou Facebook, les messages sont avant tout écrits. Les phrases permettent de communiquer à distance, d’entretenir ou de tisser des liens entre les individus même si la plume, puis le stylo ont été remplacés par le clavier.

Main_copie

On se sert désormais de ses dix doigts et de ses deux mains pour exprimer nos sentiments, partager nos informations, échanger nos points communs. Le cérémonial du léchage de timbre n’en est cependant pas complétement oublié et les cartes postales ont sans doute encore de beaux jours devant elles… Nostalgie du passé ou nécessité de préserver des espaces dépourvus (enfin presque) de technologie pour se donner l’illusion qu’elle ne nous est pas (encore..) indispensable ?

Quoiqu’il en soit, je me pose toujours la question de la “fiabilité” des mots (“fiabilité” n’est sans doute pas le mot idéal mais c’est celui qui se rapproche le plus de ce que je veux exprimer…) parce que finalement, le sens qu’on leur attribue est tributaire de multiples facteurs.

Et si, pour une phrase toute simple comme “la table est bleue”, la marge d’interprétation est plutôt faible (quoi que cela ait également à voir avec la perception que nous avons de la réalité…), qu’en est-il des phrases empreintes d’humour, de dérision, d’amour, de colère, bref de sentiments ?

On pallie l’absence de langage du corps pouvant aider à la compréhension à grand renfort de smiley mais les mots peuvent devenir une véritable source d’interprétation voire d’incompréhension. Derrière les mots, il y a tout ce qu’on ne peut pas exprimer ou faire comprendre à distance, il y notre propre filtre, notre habitus, notre humeur, notre réalité… et ceux de l’autre, le ou les récepteurs du message.

Derrière les mots, il y a notre imaginaire individuel et collectif, conscient ou inconscient. Les mots agissent ainsi sur le regard que nous portons sur la réalité, sur notre façon d’être. “Les mots construisent le monde” (impossible de trouver l’auteur de cette citation..) sans aucun doute mais je crois surtout que les mots construisent les êtres et qu’à ce titre, il est important de mesurer toute leur valeur avant de les laisser s’échapper sur les réseaux…