Cela fait plusieurs fois que je tombe sur des blogs accueillie par un dernier billet mortuaire annonçant la fin du blog en question. Il est alors intéressant de s’attarder sur les raisons qui poussent ces blogueurs à stopper leur activité. Ce n’est évidemment pas en me basant sur trois blogs que je vais extrapoler et tirer des conclusions révolutionnaires, mais quand on y regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que le blog a son revers… son verso, son côté obscur en quelque sorte. Celui qui déçoit, contrarie, fâche ou attriste.

Revers1

Celui qui conduit bien souvent à laisser tomber, celui qui l’emporte sur le plaisir d’écrire et de faire partager. Parce qu’il s’agit bien de cela au départ, de plaisir. Enfin, il me semble… C’est d’ailleurs même souvent plus que du plaisir, presque une thérapie… voire une “blogothérapie” ? C’est en tout cas ce que certaines études ou observations semblent attester. Et c’est assurément un des aspects les plus positifs des blogs, j’écris et par cet acte, je me libère (du moins j’essaie…). Je reçois des commentaires (enfin, si tout se passe bien et que je sors un peu de l’anonymat, que je me distingue de la masse informe de la blogosphère en somme), je partage des expériences qui m’aident à me sentir mieux, mieux avec moi-même, mieux avec les personnes qui me ressemblent… Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes si…

Si, “mon” blog n’était ouvert qu’à des personnes qui me ressemblent justement. Oui mais voilà, ce serait oublier que le web est tout de même le reflet de la “vraie vie” : on y trouve des gens différents, avec des avis variés et contradictoires et on croise autant de personnes intéressantes que de gros crétins personnalités incompatibles avec notre nature. Alors parfois, quand les commentaires dérapent, se font virulents ou simplement à contre-courant, on préfère jeter l’éponge qu’être confronté une fois de plus au conflit. Il y a déjà tellement de heurts dans la “vraie vie” qu’on ne va pas en plus devoir en gérer au sein de notre existence numérique ! Tout de même, Internet est un espace de liberté alors pourquoi devoir s’imposer des contraintes (j’admets que ce raccourci de “liberté” à “absence de contraintes”, est philosophiquement parlant plus que discutable…) ?

Et si justement, il fallait apprendre à les gérer ces contraintes, et s’il fallait simplement agir sur le net comme nous le faisons dans notre existence de tous les jours (c’est une lapallissade, je sais mais en même temps, je crois que parfois nous avons tendance à l’oublier) ? En ce sens, pourquoi bloguer de façon anonyme ? Même si dans certaines situations, on peut comprendre et approuver la nécessité de ne pas pouvoir être identifié, je me dis que si on a besoin de rester anonyme pour donner son opinion, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.

A moins que le fait de cacher ou de changer son identité ne soit une façon de (re)trouver l’inspiration ou de laisser parler cette partie de soi que l’on occulte en société, l’envers de soi que le revers de blog finit (toujours ?) par faire remonter à la surface…

 

 

 

 

Advertisements