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J’ai décidé de faire le ménage dans mon existence 2.0 et ça commence par ce blog. Je ne tuerai pas tous mes comptes à grands coups d’AccountKiller mais je vais quand même bien faire la poussière dans tous les coins… Parce qu’il y des événements dans la vie qui vous arrachent le voile d’innocence et de bienveillance qui vous faisait voir la vie en rose bonbon. Quand on commence à réaliser qu’on se parle toute seule comme tous ces vieux dans les maisons de retraite, on se dit qu’il est grand temps d’arrêter. Arrêter avant de finir esseulé(e), assis(e) devant son écran, comme eux le sont devant la baie vitrée de la salle commune, la tête légérement penchée sur le côté, les yeux dans le vide, un filet de bave s’échappant doucement de leurs lèvres burinées par le temps, attendant désespérement qu’on vienne les chercher.

J’ai commencé à publier ici un premier avril, un peu comme une farce, sans penser que je continuerai. Et puis, mon premier billet sur Facebook a été (un peu) consulté alors je me suis sentie obligée de poursuivre. J’aime écrire c’est certain et je me disais que ça me permettrait de partager et d’échanger des idées, peut être même que ça été une sorte de thérapie. Mais, quand le remède aggrave le mal, je crois qu’il faut vite changer de médoc (ou de thérapeute). Le web 2.0 est ingrat (comme la vie penserez-vous certainement et vous n’aurez pas tort), il vous grignote à petit feu si vous y mettez trop de vous. J’ai donc décidé d’arrêter d’écrire sur ce blog et là, tout de suite, maintenant, je suis convaincue que c’est définitif. J’essaierai donc de ne pas faire comme ces grands chanteurs et sportifs qui annoncent leur retraite pour revenir en grands pompes quelques mois plus tard.

Endposterous

Qu’est ce qui m’effraie tant finalement et me donne à réfléchir à la place que le web 2.0 a pris dans ma vie ? Et bien simplement de me rendre compte que moi aussi je deviens indifférente, que je m’habitue à cette indifférence (quasi) générale dans laquelle on évolue sur les réseaux sociaux. Alors oui, il y en aura certainement quelques uns pour trouver que j’exagère, que le Web 2.0 (mais non, je ne réduis pas le web 2.0 aux réseaux sociaux) est un monde merveilleux où on a plein d’amis qui nous ressemblent et tout et tout, mais pour moi, tout ceci n’est qu’une façade, un leurre, une sorte de matrice en somme… Je n’y crois pas et j’y crois de moins en moins. Où est le collectif quand chacun parle (ou crie c’est selon) dans son coin en espérant qu’une oreille compatissante l’écoutera ? Où est la solidarité quand la dernière chose qui fait parler d’elle c’est le Klout Score, symbole de l’esprit de compétition ? Comment exercer (réellement) son esprit critique quand nous sommes gavés des mêmes informations tweetées et retweetées à longueur de journée ? Comment être libres face à la dépendance engendrée par cette “peur de louper quelque chose” ?

Ce sont toutes ces questions et bien d’autres encore qui me conduisent aujourd’hui à entamer une liste de choses à faire pour réequilibrer tout ça et redevenir la personne que je suis, derrière “mon double numérique”. Parmi ces choses, il y a donc l’arrêt de l’écriture sur ce blog, le suicide de mon compte Google+ (bon d’accord, je ne l’ai pas franchement exploité celui-là et c’est tant mieux !), la restriction sérieuse de mon activité Twitter (je vais essayer de tourner 7 fois ma langue dans ma bouche avant de tweeter désormais), et puis plein d’autres trucs naïfs et débiles que je ne citerai pas ici.

Merci donc aux quelques uns qui m’ont lu, j’espère que vous y avez pris du plaisir et que peut être ça vous aura fait réfléchir. À tous ceux qui passent ici par hasard, je dirais simplement que ce blog est à mon image : paradoxal (beaucoup), nunuche (passionnément), naïf (un peu) et complexe (à la folie). Alors bonne route à tous, je vais essayer de prendre celle qui mène à la réflexivité et à la création pour retrouver mon imagination… en espérant que vous saurez préserver la vôtre.

« Il faut que l’imagination prenne trop pour que la pensée ait assez » Gaston Bachelard

 

 

 

Serions-nous tous devenus des marâtres orgueilleuses en puissance ? Certes, ce n’est plus à notre miroir magique que nous nous adressons pour avoir confirmation de notre valeur (passant d’ailleurs étrangement par des critères très stéréotypés de beauté) mais plutôt à nos écrans. Ce sont de nos contacts (amis…) Facebook, des lecteurs de nos blogs ou des amateurs de nos photos postées au gré de nos délires égocentrés que nous attendons un écho et si possible positif évidemment. Exhibition de soi, poses équivoques ou pseudo artistiques, attente de consentement – voire d’admiration -, désespoir en cas d’absence de commentaires ou de “j’aime” sur une photo récemment postée. L’histoire de la marâtre, c’est dans une certaine mesure aussi celle de Narcisse, à tel point que certains parlent de “narcissisme 2.0”, narcissisme né des réseaux sociaux, ou plutôt des usages que nous en avons.

Mais, quant on y regarde d’un peu plus près, on peut se dire que tout ça, ce n’est pas si nouveau. Que, finalement, déjà “au milieu du XIXe siècle, le poète Charles Baudelaire dénonçait en public le narcissisme photographique de ses contemporains – et demandait en privé à sa mère d’aller se faire tirer le portrait*”. Paradoxal. Tout comme on l’est sans doute un peu tous, chacun à sa manière. Bien sûr ce narcissisme est affiché, sans doute même que sa visibilité a été augmentée avec Internet en général et les réseaux sociaux en particulier, mais il a toujours été présent. Vivre à-travers son image, s’attacher à ce que l’autre pense de nous pour agir conformément à ses attentes, et s’en défendre évidemment, ça reste très banal finalement. Et ce narcissisme est (à priori) indispensable puisqu’il concourt à l’acceptation de soi et à notre construction.

Alors, vaut-il mieux être une Blanche-Neige (un peu nunuche, soumise et crédule quand même) qu’une vilaine reine obnubilée par son image ? Pour être très consensuelle et enfoncer des portes ouvertes, sans doute faut-il dire, un peu des deux…  Je me dis que peut être, chercher chez l’autre sa raison d’être c’est se perdre soi. Et si le problème (si problème il y a) avait davantage à voir avec la question de perception ? Perception foncièrement personnelle et individuelle mais forcément intersubjective. On ne peut pas se passer des autres, c’est une évidence mais à partir de quel moment le rapport à l’autre (et donc à soi à travers l’autre) devient-il plus destructeur que constructif ?

 

* André Gunthert “Le portrait numérique”

Ça fait des jours que j’essaie d’écrire cet article et des jours que rien ne (se) passe. À croire que je suis incapable d’écrire quelque chose d’élogieux sur un réseau social. Parce que c’était bien l’idée du billet, dire à quelque point – enfin surtout pourquoi – j’aime Twitter.

Twitter_copie

Du coup, on en perd même le goût d’écrire et on se dit que c’était une sacrée mauvaise idée d’ouvrir un blog si c’est pour finir par ne rien parvenir à mettre dessus mis à part des banalités à la con comme celles que je suis en train de débiter maintenant. Bon, passons.

Si je reprends mon idée de départ, c’était donc de parler de Twitter, et en bien en plus. Parce que oui, il me plaît. Je me suis dit que ça avait peut être quelque chose à voir avec mes rêves de gosse. Ceux des années 80 où je fantasmais avec ma soeur sur un téléphone qui nous permettrait de voir la tête de la personne qui nous appelait. Ou alors ceux des années 90 où je rêvais d’avoir tous les bouquins, journaux et magazines du monde dans ma chambre afin de m’éviter vingt bornes en stop pour aller dans la bibliothèque miteuse de la première ville à la ronde préparer des exposés tout aussi miteux. Peut être que c’est ça finalement qui me plait dans Twitter, c’est qu’il symbolise la réalisation d’une partie de mes vieux rêves.

Parce qu’il remplace avantageusement ce bon vieux Netvibes pour tout ce qui concerne le suivi des infos. Parce qu’il n’est pas (encore ?) gavé de publicité. Parce qu’il est simple à utiliser et que je ne suis pas noyée sous les informations, les jeux et applications inutiles comme sur Facebook. Parce que je sélectionne l’information que je souhaite. Parce que je me débarrasse en un clic des profils foireux qui tweetent n’importe quoi constamment. Et puis aussi parce que mine de rien, il crée du lien.

Alors, je ne sais pas si Twitter finira rapidement les pieds devant, poussé au bord du précipice par Google +, mais ce que je sais c’est que je l’apprécie (mais ça, vous l’aurez sans doute compris…). Sans doute aussi parce qu’il ouvre autant de possibilités de “consommer” que de “produire”.

Et puis parce que je me suis toujours dit que la magie était au bout de nos mots et que c’est fou ce que 140 caractères permettent de créer parfois.