En 2012, en lisant cet article de Seb Musset sur l’uniformisation des images flagrante et encouragée par l’utilisation massive d’Instagram, je trouvais un écho à la sensation que j’avais en parcourant le web, ma timeline Facebook ou Twitter. Ce qui me dérange encore aujourd’hui c’est cette forte tendance à l’uniformisation. Et ce qui m’inquiète encore plus c’est que je suis rentrée dans ce cercle. Oui, moi aussi, j’aime les mêmes photos que 10987 personnes sur Tumblr ou Pinterest. Moi aussi, je suis attirée par les photos gavées de filtres vintage (et même qu’il m’arrive d’en prendre). Moi aussi, je regarde avec plaisir les photos de mariage qui se ressemblent toutes plus ou moins, les coiffures remplies de fleurs et autres futilités estampillées mode, déco ou je-ne-sais-quoi-encore. J’ai toujours crû que je n’étais pas du genre à “devenir comme tout le monde” et je pensais que c’était moi, en mon for intérieur, libre que j’étais qui aimais ça et que c’était les autres qui aimaient la même chose que moi et pas l’inverse. Et puis, là, depuis quelques jours, quelques semaines, quelques mois peut être, je réalise que non. En fait, à force d’être abreuvée d’images standardisées, je me standardise, sans même m’en rendre compte. Finalement, quoi qu’on fasse, on se “range” – inconsciemment ou pas – dans une catégorie. C’est donc très pernicieux cette histoire. Ah, l’illusion de la liberté !

Dernièrement, m’intéressant aux blogs de mamans, autant en France qu’à l’étranger, j’ai été frappée par le fait qu’ils se ressemblaient tous plus ou moins. Les blogueuses reprenant les idées d’articles les unes les autres, on passe d’un blog à l’autre pour retrouver les mêmes photos, les mêmes titres d’articles, les mêmes partenaires. Où est l’originalité ? La créativité ? La différence ? Est-ce que finalement, on n’aime que l’identique ? Le même ? Le dominant ?

Advertisements