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Ça fait un certain temps déjà mais je n’avais rien trouvé à en dire de plus que ça. En fait, c’est au moment où ce compte risque de tomber aux oubliettes, faute de smartphone adapté pour y accéder, que j’ai envie d’en parler. Il faut dire que je les trouvais assez classe ces photos aux filtres vintage qui passaient dans ma timeline Facebook. Moi aussi, j’avais envie de faire d’un bête paysage enneigé un cliché plein de cachet, de photographier tout et n’importe quoi pour bien signifier que oui, moi aussi  j’y étais (dans ce resto, à cette station de métro, à ce concert, en vacances…). Instagram, vu de l’extérieur, ça paraissait – pfffiou – exceptionnel. De la créativité, du style, du beau quoi. J’ai même cru un instant que je pourrais donner l’illusion d’avoir du talent et faire des photos géniales parce que filtrées et refiltrées. M’ouais. J’ai bien pris quelques clichés de bouffe, de mon chat, du coucher de soleil (parce que comme le disait Coluche, “le soir le soleil se couche et c’est beau“) mais le talent n’est pas venu. Et je me suis trouvée fort dépourvue. Qu’à cela ne tienne, je suis allée voir un peu du côté des instagrameurs en me disant que je trouverais certainement de chouettes photos (parce que c’est le principe quand même, le partage de photos). J’en ai vu. Quelques unes. Mais j’ai surtout trouvé des milliers de photos de pieds, des auto-portraits à la pelle et puis une infernale sensation de “déjà vu”. Instagram est partout et Facebook s’en est mêlé en plus. Instagram commençait sérieusement à perdre de son charme. Non seulement, la créativité y est rare (mais là, j’aurais du me rappeler que peu importe l’outil, quand on a du talent on en a et sinon ben on peut juste tenter de copier avec plus ou moins de réussite ce que font les autres) mais en plus ce réseau social rendrait encore plus dépressif que Facebook. Ben oui, toutes ces photos dont certaines, prises dans des lieux exceptionnels, avec des personnes magnifiques n’ont de cesse de nous rappeler que nous, nous n’y sommes pas justement. Et qu’on peut simplement les regarder avec envie en allant se faire un plateau télé devant une déprimante émission de télé-réalité, son smartphone pour seul compagnon.

Un jour donc, j’ai cessé d’utiliser mon compte Instagram, par la force des choses en plus. Je ne tenterai donc pas d’entrer dans le top ten des vidéos les plus époustouflantes sur Instagram.  A moins que je me décide pour l’appareil photo Instagram. Non, j’déconne.

Et si Facebook était une source d’inspiration ? Peut être même que quelques uns ont déjà saisi le jeu de mot un peu facile du titre…. Quoiqu’il en soit, il doit l’être un peu pour moi puisque c’est le deuxième billet que j’écris à ce sujet. Peut être est-ce même un aspect positif de Facebook (j’avais d’ailleurs promis d’écrire dès que j’en trouvais un), il conduit à la création…

Il inspire ainsi les agences de com comme celle qui a imaginé la campagne de collecte de don de l’Eglise catholique de Montréal. C’est d’ailleurs assez frappant et improbable de voir ces panneaux géants accrochés sur la façade d’une église. Cette campagne ne laisse pas indifférent et c’est intéressant (pour ne pas dire étonnant…) de voir le rapprochement qui est fait entre l’Eglise et Facebook par le diocèse de Montréal : “Comme Facebook, l’Église c’est avant tout des personnes, des communautés, des interconnections; c’est une question de relations.”

Campagne_ecm

Mais Facebook n’inspire pas que les professionnels de la communication, j’imagine que vous n’êtes pas passés à côté des curriculum vitae façon Facebook qui font parler d’eux et de leur créateur ou comment produire quelque chose d’original à partir de données existantes, la définition même de la création (enfin, une des définitions).

Je m’incline donc, Facebook inspire, encourage la création. Mais, la question qui subsiste finalement ça ne serait pas plutôt de savoir si sans Facebook il y aurait moins de création ? Et là, je laisse à chacun le soin de répondre à cette vraie fausse interrogation…

Au départ, je voulais intituler ce billet “Pourquoi je n’aime pas Facebook…”. Ben oui, je n’aime pas Facebook et pourtant… je l’utilise.

Chaperon

Peu certes, mais bien assez pour qu’une petite voix lancinante dans ma tête me rappelle que je suis pleine de contradictions. Comme beaucoup, certainement et c’est peut être même le propre de l’homme. Mais ça, c’est une autre histoire…

Très bien me direz-vous alors : “Pour te débarrasser de ces contradictions, largue Facebook, ne l’utilise plus, qu’est ce qui t’en empêche réelllement ?” (ce que, soit dit en passant, j’ai fait à titre personnel depuis un bon moment déjà…).

Mais c’est là que le bât blesse et que le Petit Chaperon TIC que je suis se trouve contraint (à l’insu de son plein gré ?) de prendre le mauvais chemin… Oui oui, celui qui passe par la forêt, celui imposé par la place qu’a pris Facebook sur la Toile et ailleurs et qu’en tant que professionnelle je ne peux ignorer. Et là, je me dis qu’il est bon de relire un peu La Boétie et son discours de la servitude volontaire (ou plus simplement de se remémorer cette phrase de Coluche : “quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent pas pour que ça ne se vende plus !”) pour se rappeler qu’une chose n’a de puissance que celle qu’on lui donne.

Après tout, l’omniprésence de Facebook ne me poserait pas tant de problèmes si ses valeurs étaient en accord avec les miennes et avec la vision que j’ai de la société dans laquelle je veux vivre. En somme, qu’est ce que je lui reproche à Facebook ? D’être le reflet de la société actuelle ? Celle où malgré toutes les bonnes intentions affichées, nous sommes toujours aussi dépendants de nos actes de consommation, abreuvés de publicité et de la nécessaire accession à un bonheur codifié, quitte à frôler la dépression devant notre incapacité à l’atteindre. En fait, je trouve très étonnant que prônant tous la liberté, nous nous plions volontairement à la politique de collecte de données et d’appropriation de contenus de Facebook. A moins que la contrainte ne soit sociétale. Facebook est l’endroit où il faut être pour être. Evidemment, il ne faudrait pas jeter bébé avec l’eau du bain, Facebook, tout comme le loup de l’histoire, a sans doute de bons côtés… Bon, dès que j’ai trouvé, j’en fais un billet…

Et en attendant, je peux continuer à me dire que pour pouvoir résister à une chose, il est bon de ne pas l’ignorer. Connaître et utiliser Facebook en gardant mes convictions, c’est peut être simplement le faire avec parcimonie, regard critique et dans les limites de la posologie autorisée par ma Mère-Grand de conscience… En bref, passer par la forêt, ne pas trop s’y attarder et surtout rester vigilante.. et éviter les raccourcis !

Au fond, je me demande, si, comme dans l’histoire, c’est le Petit Chaperon qui en sortira indemne et grandit (après s’être tout de même fait une belle frayeur en se faisant dévorer par le grand méchant loup, ne l’oublions pas) ou si nous deviendrons tous des loups…(j’admets, c’est un peu manichéen et il existe certainement quelque chose entre les deux… suffit de le trouver)